Fin du mois, cela fera 1 an que j’ai décidé de déménager à la Réunion ! En effet, pour ceux qui ne le savent pas, j’ai tout quitté en novembre 2020 pour venir vivre sur ce beau petit caillou. Alors je me suis dit, rien de mieux pour fêter ça que de vous faire une série d’articles « bilan », état d’esprit, mes conseils pratiques, les immanquables, mon bilan un an après, tout ça tout ça. Un article changement de vie que j’avais commencé en janvier déjà, mais c’était sans doute trop tôt. Bref, me revoilou hibou. On commence par une partie plus personnelle sur mon expérience propre, et le second article sera plus axé conseils pratiques pour déménager à la Réunion.

déménager à la réunion

Pourquoi quitter Strasbourg pour déménager à la Réunion ?

Cette question est totalement rhétorique, vous en conviendrez. Plus sérieusement, je ne vais pas vous ressortir le sempiternel  « Ce sont des pires périodes de crises que ressort le meilleur », mais un peu quand même.  Pour la petite histoire, j’ai atterri à Strasbourg totalement par hasard et à reculons, pour mon premier job. J’avais un prêt étudiant à rembourser donc pas le luxe de faire la fine bouche. Parce que moi, en vrai, je visais le sud, Lyon au max ^^ou l’étranger. Pourtant je suis restée à Strasbourg 10 ans, à cause d’un prêt étudiant, puis d’une relation, du coup pas par choix. Et j’ai appris à aimer Strasbourg, j’y ai  vécu des moments cool, j’y ai rencontré parmi mes amis les plus proches. 

Mais je ne m’y suis juste jamais sentie totalement chez moi, toujours un peu étrangère à la culture. Mon tour du monde m’a libérée de tout cela. Et au retour, lorsque je me suis mise à mon compte, j’étais libre. Libre de bouger, de trouver le lieu dont je tomberai enfin amoureuse et où je me sentirai bien.

Etape 1 : se mettre à son compte pour voyager

Le but après mon tour du monde était donc de me mettre en freelance, de retourner à Strasbourg pour activer mon réseau pro et établir mon offre. J’ai créé ma boutique en ligne, j’ai eu mes premiers clients. Mais toujours avec en tête de repartir en 2020, pour un tour d’Afrique. Je mesure chaque jour ma chance de travailler à mon compte et d’avoir la liberté de travailler d’où je veux, comme je le veux. Je travaille bien plus que lorsque que j’étais salariée, j’ai des frustrations, mais c’est tellement plus épanouissant. D’ailleurs si ça intéresse certains que je fasse un article dédié à la vie d’entrepreneur, comment se mettre à son compte, etc., n’hésitez pas à me le dire en commentaire !

Etape 2 : Covid, et tout fout le camp

Quand j’ai fait mon tour du monde j’avais un sentiment d’urgence. Genre je le fais maintenant, tout de suite, parce qu’après ça sera mort. Maintenant je me dis que j’ai bien fait. Ce covid de merde m’a tout de même coupé l’herbe sous le pied pour mon tour d’Afrique, c’est le cas pour beaucoup de voyageurs. J’ai dû rentrer en catastrophe du Sénégal et reconsidérer mon tour d’Afrique.

J’ai cru avoir plutôt bien vécu mon premier confinement, seule dans mon studio strasbourgeois. Mais après plusieurs mois avec des grosses peines, à trop lire les actualités, j’ai entrevu pleinement un avenir de merde, j’ai pleuré sur les incendies en Amazonie, les massacres d’animaux, les crimes racistes. C’est ça notre monde ? Merci les gars. Je me voyais seule, toute ma vie, à regarder le monde s’écrouler et coincée à Strasbourg. A quoi ça peut aboutir à part à une déprime ? Je vous le demande ! Insomnies terribles, plus d’appétit, crises de pleurs comme ça, sorties de nul part, j’étais hyper sombre. Et ceux qui me connaissent le savent, je suis tout le contraire habituellement. Alors mes amies s’inquiétaient, et puis moi aussi.

Etape 3 : J’ai eu une épiphanie « déménager à la Réunion »

Et un jour mon instinct a trouvé la solution tout seul, je me suis réveillée et je me suis dit « go déménager à la Réunion ». Oui mon instinct est imprévisible, parfois il aime me faire des blagues, mais c’est ma meilleure boussole. J’ai téléphoné à ma mère, à ma soeur et à mes bestas.  A partir de là je ne pensais qu’à ça, j’ai prévenu mes clients, j’ai avancé mon permis de conduire en mode intensif (que je repassais pour la 4ème fois, mais ça c’est une autre histoire). Et je me suis battue parce que rien n’a été simple. Je n’ai rien lu sur la Réunion que je ne connaissais absolument pas, surtout parce que je ne voulais pas me spolier et que de toute façon je savais que je faisais le bon choix. Et de fait, 2 mois après ce matin d’août, je débarquais enfin.

déménager à la réunion

Retour sur mon départ chaotique

La préparation : déménager à la Réunion, ma croix ma bataille

Franchement, l’univers m’a tellement mis de bâton dans les roues que j’aurai pu me dire qu’il essayait de m’envoyer un message. Mais comme je n’écoute personne à part moi, j’ai persisté. D’abord j’ai avancé de 2 mois mon permis, je suis donc passée en automatique ( heureusement depuis je l’ai repassé en manuel à la Réunion et je l’ai eu, j’ai acheté ma petite Twingo et tout, trop refaite). Ensuite la situation sanitaire se dégradant à vitesse grand V,  j’ai avancé mon billet d’avion initialement prévu fin novembre à début novembre, puis à fin octobre.

J’ai bien fait car je suis partie 2 jours avant le second confinement. J’ai tout vendu sur Vinted, Le Bon Coin, Facebook market, des fripes. Du coup, j’ai dormi une semaine sur une couette pliée en deux en guise de matelas, mon petit chat à mes côtés. Une bien belle expérience de dénuement haha. Enfin, je me suis autoconfinée pendant un mois quasiment car évidemment, autour de moi, plusieurs personnes étaient cas contact ou malades. Il était hors de question que je ne puisse pas partir à cause de ça. Oui quand je veux un truc c’est assez terrible, je ne suis pas du tout mesurée, c’était pareil pour le tour du monde.

La veille de déménager à la Réunion, le coup du test PCR

Là accrochez-vous. J’avais loué un camion pour déménager les affaires qu’il me restait de Strasbourg à chez ma soeur, en région parisienne.  Une amie  providentielle devait me conduire jusqu’à Paris, merci Justyna (puisque si t’as bien suivi je n’avais pas le permis) ! Entre temps, il y a eu le couvre feu que j’ai du prendre en compte. Vendredi je fais mon test pcr le matin, et finis de tout mettre dans des cartons pour charger le camion samedi soir et partir dimanche matin pour Paris. Vendredi soir je travaille jusqu’à 2h du mat’ pour rattraper mon retard. Samedi matin je me réveille à 8h pour passer le permis (pour la 4eme fois, ai-je besoin de le rappeler ?). Nous sommes 4, je suis censée passer mon permis en troisième, et pendant l’attente je reçois les résultats du test pcr. Vous savez, c’était l’époque où les labos étaient full et où tu pouvais recevoir les résultats 5 jours après . C’était le surpriiiiiise. Moi j’ai fait mieux, j’ai eu un résultat inimterprétable ! J’appelle le labo, mon prélèvement a été mal fait. « C’est la première fois que je vois ça ». Merci madame.

Le coup final

Là elle me dit que je dois me dépêcher parce que tous les labos ferment dans 45 min (on est samedi matin) et que si je veux prendre mon avion lundi, c’est maintenant ou jamais, les labos étant fermés le dimanche. Je vous rappelle que je suis censée passer mon permis dans 10 min. Là je pleure, mais genre crise de pleurs, genre relâche de toute la pression accumulée ! Ma monitrice revient, elle me voit en panique, je lui dis rien à foutre du permis, je me casse faire mon test. Elle me fait donc passer le permis avant les autres. Je m’installe en tremblant, la morve au nez, dans la voiture. Bonjour madame l’inspectrice (heyyy mais c’est la connasse qui ne m’a pas donné mon permis alors que mon moniteur pensait que je l’avais il y ‘a 3 ans ).

Bizarrement je conduis bien (fin bizarrement, c‘est pas comme si j’en étais à mon coup d’essai). Mais un mec force le passage pour ne pas que je m’insère sur l’autoroute, il me dépasse et me fait un fuck ! Oui oui. Bref je n’ai pas mon permis, et à ce moment là j’en ai mais teeeeellement rien à faire (puis j’avais l’habitude haha)! Je sors de la voiture, je saute sur mon vélo, je pédale comme une tarée. J’arrive devant le dernier labo ouvert qui …me ferme la porte au nez. J’arrive trop tard.

La dé-ter-mi-nation les gars !

A ce moment là, je suis dans l’état psychique… d’une merde, disons-le. En mode robot. Je cherche où aller sur internet, mes amis m’aident en parallèle, il y a un stand éphémère pile-poil ce jour là place Kleber, alleluia. J’attends deux heures. Arrivée devant le mec, je lui dis « pas de pitié va jusqu’au cerveau mon gars, fais-toi plaisir ». Je cours d’un bout à l’autre de la ville pour rendre mon vélo, ma box internet, finir de déménager, faire tout le ménage… On va chercher le camion, on le remplit, je rentre chez moi, je taffe, il est 2h quand je dors. Lendemain, je quitte enfin Strasbourg !! Notre petit road trip jusqu’à Paris est cool, et enfin, j’y suis. On décharge les affaires chez ma soeur, on rend le camion, je rentre en train chez ma soeur, ma mère vient me chercher avant le couvre-feu, et je pars le lendemain. Enfin normalement.

On lâche toujours rien, mais vraiment, là j’en ai marre

Lundi pas de résultats pcr. Comme je suis bien organisée *joke*,  je me rends compte que ma valise est trop grande et ne sera pas acceptée par la compagnie d’avion. Mission acheter des valises. Je rentre, toujours pas de résultats pcr, je prends mon avion dans 2h. Finalement, j’ai reçu le résultat 1h avant !!! Et parce qu’on m’a fait chier jusqu’au bout, j’arrive, je fais un câlin à ma petite maman et à l’enregistrement ils ne trouvent pas mon nom. Je ris, mais super jaune, genre je ris marron. Ca a duré 30 min. Ils n’avaient pas pris en compte mon changement de vol. Finalement je passe. Dans l’avion je me dis « vas- y  prends tous les verres de vin rouge dont tu as envie, fête ta nouvelle vie, tu l’as mérité », et…je m’endors comme une merde à peine les fesses posées dans l’avion haha. Je n’ai même pas mangé. Il faut dire que je dormais 3h par nuit depuis trois mois.

Déménager à la Réunion : coucou ma maison

L’atterrissage, un sourire con sur mon visage, un sentiment de bonheur mais vous n’avez même pas idée. Je me suis immédiatement sentie chez moi. J’ai pris le bus en admirant la route du littoral, je découvrais ma maison. Un de mes colocs est venu me chercher, je me sentais tellement bien. Une dodo (bière locale) à la main sur ma varangue (qui allait devenir mon nouveau bureau), j’avais trouvé ma maison.

déménager à la réunion

la vue de ma maison <3

Je suis allée sur la plage, j’ai pris une dodo métisse (au litchi, fan) et j’ai pleuré de joie mais telleeeeement. Je n’exagère pas, depuis je revis. Et pour la première fois de ma vie, j’ai trouvé un endroit dont je ferai bien mon pied à terre. C’est marrant mais beaucoup de gens qui viennent s’installer ici sont venus pour trouver un refuge. On eu des histoires de merde, des peines et sont venus guérir ici.

déménager à la réunion

Aujourd’hui ça fait un an que j’ai pris la décision de déménager à la Réunion. Je suis toujours aussi bien ici même si en un an, je vois des limites aussi. Par exemple mes amis et ma famille me manquent, le fait de ne pas pouvoir vadrouiller aussi facilement me manque. J’aimerai avoir mon pied à terre ici l’été, et partir en voyage l’hiver par exemple. Mon récent tour de Métropole et voyage solo à Naples sur un coup de tête m’ont fait un bien fou. Ca m’a montré à quel point vadrouiller me manquait.  Je sais que je ne suis pas faite pour rester à un seul endroit toute ma vie. Mais je sais que la Réunion sera toujours ma maison !